Les Chèvres du Pentagone

Ce dernier film de Grant Heslov marque une nouvelle étape dans sa collaboration avec Georges Clooney, quatre ans après Good night, and good luck . Cette fois, point de récit historique, pas plus que de chasse aux sorcières communistes. Les Chèvres du Pentagone s’inscrit dans le registre de la comédie.

Le scénario est un brillant hommage à l’humour pince-sans-rire des frères Coen, et le GI-Jedi campé par Georges Clooney n’est pas sans rappeler les rôles décalés endossés pour eux ( O’Brother, Burn after reading ).
Le film présente de nombreuses similitudes avec le Sur la route de Jack Kerouac, dans lequel Bob Wilton (Ewan McGregor) serait l’alter-égo de Kerouac, et Lyn Cassady celui de Neal Cassady. Les noms ne sont certainement pas dûs au hasard, car outre leurs personnalités exubérantes, Lyn le militaire et Neal le beatnik partagent un amour immodéré pour la liberté d’esprit. Comme dans le roman, le film commence avec la rupture amoureuse du narrateur Bob Wilton, journaliste-écrivain, dont la femme part avec l’éditeur. Il entre alors en crise et, partant en quête de lui-même, il rencontre au Koweït Lyn Cassady, ancien soldat de l’US Army et personnage atypique habité par la conviction qu’il possède des pouvoirs Jedi. Celui-ci raconte au journaliste que durant les années 80, il a participé au “Jedi Project???, une unité militaire destinée à apprendre la maitrise de pouvoirs psychiques sous les ordres du Commandant Bill Django (Jeff Bridges), un ancien hippie. Débute alors une histoire au cours de laquelle se côtoient l’absurde et le burlesque, comme par exemple ce mystérieux troupeau de chèvres qui revient à plusieurs reprises durant le film. Le tour de force de Grant Heslov est de réussir à nous faire douter de tout. Il vient en effet un moment où le spectateur se dit que l’existence du “Jedi Project“ n’est pas totalement impossible, et cette impression ne sera jamais démentie. Autre hommage, celui fait à Georges Lucas, lorsqu’Ewan McGregor doit apprendre à devenir un “Guerrier Jedi“, alors qu’il n’est autre qu’Obi-Wan-Kenobi, maitre-jedi dans la saga Star Wars .

Ce film aux allures de road-movie, savant mélange de rigueur militaire, de super-pouvoirs et de drogues hallucinogènes, ne plaira pas au spectateur en quête d’action, ni à celui qui recherche les drames, cris, larmes et armes inhérents aux films de guerre. Il s’agit ici de rire, d’apprécier la prestation des acteurs, et le scénario remarquablement écrit. La légèreté de l’histoire se révèle alors n’être que prétexte à un conseil de vie plus profond, mais tellement évident qu’il n’est pas mauvais de le rappeler. Car comme l’a écrit Bukowski : “ la chose importante est la chose évidente que personne ne dit“. Un film à voir pour celles et ceux aimant les œuvres légères sans être gratuites. Et le Docteur Ross, alias Georges Clooney, décidément au sommet de son art…

Titre original : The Men Who Stare at Goats Réalisation : Grant Heslov
Scénario : Peter Straughan, d’après l’œuvre de Jon Ronson
Musique : Rolfe Kent
Interprétation : Georges Clooney, Ewan McGregor, Jeff Bridges, Kevin Spacey, Stephen Lang, Robert Patrick,
Pays : Etats-Unis, Grande-Bretagne
Genre : Comédie
Durée : 93 minutes
Date de sortie : 10 mars 2010
Année de production : 2009
Distribution : Mapple Pictures, Overture Films Images © Sony Pictures Releasing France

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