Les Soeurs de Gion

Mizoguchi oppose ici modernité et tradition. La modernité est incarné par la jeune sœur, geischa moderne qui vit pour un statut économique élevé et non pas uniquement pour un statut social. Ce type de personnage est récurrent tant dans le cinéma que dans la vie réelle.

Pourtant, ici Mizoguchi est un précurseur. Dans la société patriarcale japonaise, la femme n’avait que rarement la possibilité d’exprimer ses ambitions sociales. Dans Les Soeurs de Gion , non seulement la cadette a des ambitions, elle les exprime et les met en pratique, écartant le protecteur de sa sœur ruiné ou le commis qui la courtise. Elle se tournera vers des hommes installés socialement et financièrement. Mais l’avidité est mal, et ce qu’elle que soit la société. Cette jeune femme payera ses ambitions. On peut y interpréter deux choses.

Peut-on faire des parallèles ? Oui, car l’analyse quelle soit cinématographie ou littéraire apporte beaucoup de liberté. Le personnage de la jeune sœur existe toujours. Elle n’est plus geisha, mais étudiante, femme au foyer ou lycéenne. Ses relations avec les hommes ne sont pas forcément physique, mais l’homme paye quoiqu’il arrive. La motivation est la même : objet de marque, argent… Ryu Murikami décrit ce phénomène dans Love and Pop , histoire d’une lycéenne de 16 ans à la recherche de l’argent qui lui permettra de s’offrir la bague dont elle rêve. Le parallèle est évident, et rien n’a changé. De geischa, les jeunes femmes sont arrivées à L’enjô kosai, c’est-à-dire une relation sans sexe, mais où l’homme peut se pavaner au bars d’une jeune fille.

beaucoup d’hommes japonais ne comprennent pas pourquoi ils sont condamnés lorsqu’ils sont pris en compagnie d’adolescentes, ils s’estiment victimes des filles.

Mizoguchi met en scène un autre phénomène, implicitement lié aux relations « payantes » hommes-femmes : la violence. Dans le film la sœur cadette, décide de quitter le jeune commis, car trop peu argenté, pour le patron de celui-ci. Le commis est victime de la cupidité (du moins c’est ainsi que le spectateur peut le ressentir), son seul moyen de vengeance est la violence. De nos jours les jeunes femmes à la recherche d’argent de poche sont elles aussi victimes de cette violence, comme si depuis, elle est inhérente à ce type de relation. Mais les raisons de la cadette sont au fond les mêmes que celles des adolescentes d’aujourd’hui : consommer. Nombreuses sont-elles à désirer tel dernier article à la mode, et tous les moyens sont bons pour y parvenir.

La société de consommation que certains nous présentent comme le modèle idéale, amène le quidam dans des situations absurdes.

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