A L’Interieur

Chaque nouvel essai pose donc la même question, condamnée à revenir indéfiniment tant que le film providence n’apparaîtra pas. Depuis Maléfique d’Eric Valette jusqu’à dernièrement Haute Tension d’Alexandre Aja, plusieurs films ont engendré un certain enthousiasme chez la critique et les fans, laissant penser qu’on s’approche du but. Cependant, quelque chose manque à l’appel, qui cantonne ces titres à n’être que des signes avant-coureurs, certes encourageants, mais qui ne permettent pas d’affirmer que la France possède encore son savoir-faire et son style en la matière, à l’instar de l’Espagne par exemple.

Disons-le donc d’emblée, A L’Intérieur n’est pas ce film et il y a fort à parier que la prochaine tentative suscitera la même attente chez les fans. Un malentendu sur la notion de liberté créatrice pousse à saluer l’indépendance et l’audace des auteurs qui ont eu vraisemblablement carte blanche pour répandre le sang qu’ils voulaient, mais depuis le succès colossal d’ Hostel et de Saw (le troisième en date, interdit aux moins de 18 ans, a été distribué dans un réseau important de salles et soutenu par une solide campagne publicitaire) l’exploit n’en est plus un. Tout juste si l’absence de violence ne refroidirait pas les distributeurs. Il devient donc difficile de rendre hommage au jusqu’au-boutisme fièrement brandi du film, plutôt manifestation symptomatique de ce qu’est le film d’horreur aujourd’hui que transgression des habitudes et renouvellement des codes de représentation.

Si l’on se refuse par ailleurs à adopter l’attitude condescendante qui consiste à voir un film d’horreur qui, parce qu’il est français, mérite de l’indulgence, alors force est de constater qu’on est devant un film plutôt faiblot. Prenant pour point de départ un postulat qui pourrait être la trame d’un fait divers sinistre, une femme enceinte le soir du réveillon et la veille de son accouchement se fait agresser chez elle par quelqu’un qui veut l’éventrer, le film oscille entre ce réalisme, celui du fait divers, et l’approche à l’américaine avec son tueur type ange de la mort incarné, silhouette diabolique et apparitions mystérieuses. De ces choix il ressort que le personnage de Béatrice Dalle est vidé de substance, n’étant pas une femme poussée à l’extrême par un motif qu’on ne révèlera pas ici, mais plutôt une tueuse sadique, irréelle et évanescente, pendant féminin de Michael Myers dans La Nuit des masques .

Les auteurs se sont certainement trop concentrés sur leurs effets gore, s’en servant comme axes narratifs, et pas assez sur la construction d’une trame solide. Leur prochain film rectifiera sûrement le tir.

Réalisation : Julien Maury, Alexandre Bustillo
Scénario : Alexandre Bustillo
Musique : François Eudes
Interprétation : Alysson Paradis, Béatrice Dalle, Nathalie Roussel
Pays : France
Genre : Thriller, Epouvante-horreur
Durée : 1h 20min
Date de sortie en France : 13 Juin 2007
Année de production : 2006
Interdit aux moins de 16 ans
Distribution : La Fabrique de Films
Images © La Fabrique de Films

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