Dreamland

Tom Willett le scénariste, est parti d’un poème qu’il avait écrit à l’aide de lettes-aimants sur son frigidaire, poèmes que l’on retrouve dans le film. Un poème… quel beau prétexte pour parler de l’adolescence, de ses désirs, de ses amours et de ses tristesses, perdu au cœur du désert où les communautés sont nombreuses, accueillant ceux et celles ayant besoin de rompre avec la société moderne.

Rien d’exceptionnel dans ce film, Jason Matzner est issu du vidéoclip au même titre que Valerie Faris et Johnatan Dayton ( Little Miss Sunshine ), Michel Gondry (Eternel Sunshine of the Spotless Mind), ou encore Spike Jonze ( Dans la peau de John Malkovitch ). Du clip, on retrouve la simplicité de la mise en scène (pas d’effets spéciaux), appris sur les tournages des vidéos où il faut souvent faire beaucoup avec peu. Jonathan Sela, directeur de la photographie, a lui aussi fait un passage dans le milieu musical avec Cypress Hill ( Still Smokin’ ).

Il y a dans ce film une vraie recherche esthétique, comme le fit Christopher Doyle pour In The Mood For Love . Jonathan Sela impose son style dès le générique en utilisant des images du désert retravaillées numériquement, accentuant ainsi la beauté du lieu, comme le fit Gus Van Sant dans Gerry dans une moindre mesure.

Le désert et la solitude sont des sujets récurrents dans le cinéma indépendant américain. Très présent dans Gas, Food, Lodging d’Allison Anders mais également dans les films de Hal Hartley où le désert prend une forme urbaine ou périurbaine, ville qui semble vides de leurs habitants, ainsi les personnages sont seuls face à eux-mêmes.

Car le désert est un lieu de « passage », de solitude, de naissance et de renaissance de l’homme, il comporte un sens symbolique profond et essentiel d’une rencontre avec son intériorité à travers les épreuves, comme les deux frères de Simple Men partant à le recherche de leur père et donc d’eux-mêmes, ou comme Audrey rêvant d’être écrivain et de quitter Dreamland mais sacrifiant ce rêve pour rester auprès de son père malade, et gardant pour elle l’amour qu’elle a pour Mookie. Après la traversée du désert vient donc la délivrance d’une oasis, qui ici prend la forme de la guérison du père et de l’amour enfin assouvi.

Beaucoup d’influences pour un premier film, car on peut y voir aussi un cousin de The Big Lebowski (Frères Coen) dans le rôle d’Henry qu’interprète John Corbett. Il faut parfois emprunter les mêmes chemins que nos aînés pour atteindre l’originalité. Encore une fois, c’est en détournant le regard des énormes machines marketing que l’on croise des films parfaits pour les soirées d’été.

Réalisation : Jason Matzner
Scénario : Tom Willett Interprétation : Agnes Bruckner, Kelli Garner, Justin Long
Pays : Etats Unis
Genre : Drame
Durée : 1h 32min
Date de sortie : 01 Août 2007
Année de production : 2006
Distribution : Pretty Pictures
Images © Lewis Jacobs

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