Transformers

Un film de Michael Bay ne passe pas inaperçu, que ce soit avant sa sortie en salle ou après. L’annonce de la mise en chantier de Transformers avait créé un joli petit buzz autour de son réalisateur. D’autant que, pour l’occasion, il était sous la coupe de Steven Spielberg (producteur exécutif du film). Après son récent The Island , le réalisateur de Bad Boys 2 semblait avoir (un peu) calmé ses ardeurs et le projet d’un film de robots supervisé par l’auteur de A.I . promettait un grand spectacle cinématographique. Depuis quelques mois déjà, la bande-annonce de Transformers , circulant largement sur la toile, venait confirmer le gigantisme de l’ouvrage en question. L’enjeu principal : les effets spéciaux qui atteignent ici des sommets encore immaculés. Immaculé également, le carnet sur lequel le script a été rédigé, tant le film frappe par son vide et sa niaiserie. A tel point qu’on ne peut s’empêcher de penser que ce « rien » doit tout de même cacher quelque chose.

Premier élément, Transformers est issu d’une ligne de jouets et d’un dessin animé diffusé dans le célèbre Club Dorothée* des années 80. Bay choisit clairement d’adopter le ton du dessin animé : personnages hyper caricaturés (les deux bimbos du film peuvent facilement en témoigner), dialogues plats aussi affligeants que possible et manichéisme exacerbé. Comme souvent chez Bay, cette médiocrité semble complètement assumée et du coup prête à rire (parfois de bon cœur). Mais ce degré zéro dans l’écriture cinématographique est également symptomatique de ce que doit être un blockbuster hollywoodien (pléonasme ?) : une importante machine à laver les cerveaux et à abîmer les yeux. Devant Transformers , seul l’hémisphère droit de notre cerveau est sollicité (le siège de nos bas instincts, pour faire vite) et nos rétines sont mises à l’épreuve. Comme d’habitude, Michael Bay casse tout et fait tout péter sans une once de scrupules et avec une griserie évidente (et communicative).
Alors, avec son scénario « timbre-poste », ses robots magnifiques et ses scènes d’action pétaradantes, Transformers serait-il un énième film vidé de toute pertinence ? Il y a de cela incontestablement… mais on ne peut s’empêcher de penser que le métrage, à l’instar d’un Starship Troopers , veut nous dire quelque chose. Et si la caricature qu’il dresse ici avait une portée politique ? De là à l’affirmer, il n’y a qu’un pas qui est intéressant de se risquer à franchir, tant le film s’inscrit (mine de rien) dans son époque : Internet, les robots, la guerre, la société américaine (occidentale ?)

En effet, l’industrie japonaise développe depuis 2003 des modèles de robots humanoïdes (le HRP 2 et HRP 3) dont le look est proche de celui des Autobots (les gentils robots du film). D’ailleurs, le héros Sam Witwicky (Shia LaBeouf), face aux géants d’acier, remarque que ce sont probablement des machines japonaises.
Ensuite, la place centrale qu’occupe Internet dans le film – les robots ont appris notre langue en surfant sur le Web, le sort de l’humanité dépend d’un code inscrit sur une paire de lunettes vendue sur eBay) – tout comme dans notre société.
Puis, tout le long du métrage, la caméra de Bay semble adopter le point de vue des robots dans une approche ethnologique de bas étage de la société américaine : la parade amoureuse avec la voiture, le modèle familial (la discussion sur la masturbation entre Sam et ses parents). Enfin, le réalisateur localise des zones de combats en Extrême-Orient où sont engagés les G.I. américains. La séquence de combats dans le désert comporte même des plans qui évoquent Starship Troopers . Mais Bay est loin d’être Verhoeven et Transformers n’aura jamais la portée subversive de l’adaptation du roman de Robert A. Heinlein. (intitulé Etoiles garde à vous, titre original : Starship Troopers , dont est tiré le film de Paul Verhoeven. Ndlr.) Non. Transformers tient simplement les promesses faites par sa bande-annonce : on en prend plein la vue, mais c’est tout.

* Émission pour les enfants

Réalisation : Michael Bay
Scénario : Alex Kurtzman, Roberto Orci
Musique : Steve Jablonsky
Photographe : Mitchell Amundsen
Interprétation : Shia LaBeouf, Megan Fox, Josh Duhamel
Pays : Etats Unis
Genre : Science fiction, Action
Durée : 2h 24min
Date de sortie en France : 25 Juillet 2007
Année de production : 2007
Distribution : Paramount Pictures France
Images © : Paramount Pictures France

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