Ceux qui restent

Bertrand et Lorraine se rencontrent dans les couloirs d’un grand hôpital. Ils ne cessent de se croiser, se rendant chaque jour aux côtés de leurs proches, malades. Durant ces longues visites, chacun va se raccrocher au reste d’étincelle qui subsiste dans les yeux de l’autre. Elle semble désinvolte, elle l’amuse, l’entraine fumer des joints sur le toit de l’hôpital. Absolument pas apte à gérer le cancer de son compagnon, elle sent l’amour la quitter. Elle finit par ne plus venir que voir Bertrand. Lui a l’air plus sage face à la maladie. Sa femme va mourir, il le sait, même s’il ne l’avoue pas. Sur ses épaules, il y a toutes les responsabilités familiales, et Loraine lui permet de s’évader.

C’est la culpabilité qui parle et qui se meut à travers un mouvement de caméra précis. Il y a dans ce film une gestion minimaliste des décors, on en ressort les yeux imprégnés des couloirs de l’hôpital et pourtant, ce sont la liberté et l’amour qui nous ont parcourus. La passion qui s’installe malgré eux leur est néfaste, ils ne savent quoi en faire. Hors des murs de l’hôpital, est-ce que quelque chose est possible? Est-ce que l’on peut construire une histoire sur les ruines de la maladie ? Voici la question très justement posée par la réalisatrice. Ensuite, il s’agit du temps.

Le temps, en effet, est un élément capital de ce film. On subit le temps qui passe et qui grignote peu à peu la santé des malades. Mais il y a aussi ce temps qui permet à chacun des deux personnages de prendre place dans la vie de l’autre. Comme un compte à rebours non dit, comme une nécessité née de la situation, les deux êtres se frôlent puis finissent par se trouver. Mais il faut être plus fort que ce temps qui avance. Les personnages d’Anne Le Ny sont des êtres normaux. Basiques mais pourtant voilà. Ce ne sont pas des superhéros pour lesquels tout finit bien. Le bon hasard ne fait pas partie des recettes de la réalisatrice. Lorsque la vie de la femme de Bertrand prend fin, les instants de celui-ci avec Lorraine sont comptés. Son compagnon à elle est sauvé et le trajet monotone sur lequel reposait la passion qui la portait vers Bertrand s’essouffle… Culpabilité, passion et désamour, ce film touche et questionne, avec brio.

Réalisation et scénario : Anne Le Ny
Photographie : Patrick Blossier
Musique : Béatrice Thiriet
Interprétation : Emmanuelle Devos, Vincent Lindon
Pays : France
Genre : Drame
Sortie en France : 29 août 2007
Année de distribution : 2006
Distribution : Studio Canal
Images © Studio Canal

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