28 semaines plus tard

Suite du   28 jours plus tard de Danny Boyle,  zombie flick ambiance fin du monde particulièrement réussi, 28 semaines plus tard remet le couvert et se montre digne de son prédécesseur. Le film original n’appelant pas de suite, c’est plus la mise en scène qui sert de fil conducteur entre les deux que l’histoire et les personnages. On retrouve les mêmes thèmes musicaux, les mêmes cadrages anarchiques ; mais l’auteur fait table rase du passé – ce que finalement laisse bien entendre le titre : la seule chose qui reste, c’est cette caractérisation des zombies, des contaminés pour être exact, des hommes et des femmes atteints d’un virus qui les plonge dans une rage meurtrière alimentée par une faim dévorante.

Plutôt qu’une mutation de l’homme en zombie, c’est une sorte de folie dans laquelle se croisent renoncement, désespoir et furie, qui s’empare des personnages. Il en ressort une impression de foule enragée, de dégringolade fulgurante de la civilisation où tout le monde semblerait ne plus supporter sa condition.
Le personnage joué par Robert Carlyle incarne bien cet aspect ; dégoûté de sa lâcheté – avoir abandonné sa femme aux zombies –, rejeté par ses propres enfants pour la même raison, sa transformation mêle une amertume sauvage à un désir de tuer ceux qui se sont substitués aux parents (devenus, en somme, orphelins, les enfants sont accompagnés d’un couple adulte ). Sa transformation s’opère au moment où il embrasse sa femme qu’il croyait morte, qui le pardonne, au moment où sa honte et sa culpabilité s’embrasent en leur point culminant.

On peut se demander d’où vient cette promiscuité qu’entretient le film de zombies avec le film apocalyptique. S’il est facile de voir dans le film de George A. Romero, Zombie, l’origine du genre, qu’il ait fait école n’a cependant rien d’évident. Il est envisageable qu’il y ait derrière cette association apocalypse/morts qui sortent de leur tombes, quelques relents bibliques. Si tous ces films se gardent pourtant de toute allusion religieuse, préférant trouver des causes naturelles à l’éveil des morts, jusqu’à finalement fuir l’idée même de la résurrection et choisir celle de la contamination, il n’en reste pas moins que la thématique espoir contre abandon dans la démence colle assez bien à l’idée.

Les survivants sont donc ceux qui ne renoncent pas : les enfants qui veulent rentrer chez eux alors que Londres est dévasté, le militaire qui refuse d’appliquer l’ordre de tirer à vue sur tout ce qui bouge malgré le chaos qui empêche de différencier vivants et contaminés, l’infirmière qui croit en un sérum immunitaire. Tous ces personnages préservent leur intégrité et leur espoir envers et contre tout, en dépit de l’effondrement du monde qui se déroule sous leurs yeux.

Un film féroce où la fin du monde se télescope avec la fin de la raison.

Titre originale : 28 weeks later
Réalisation : Juan Carlos Fresnadillo
Scénario : Juan Carlos Fresnadillo, Enrique Lopez Lavigne, Jesus Olmo, Rowan Joffe
Musique : John Murphy
Interprétation : Robert Carlyle, Rose Byrne, Jeremy Renner
Pays : Angleterre
Genre : S.F / Horreur
Durée : 1h31
Année de production : 2007
Date de sortie en France : 19 septembre 2007
Distribution : Twentieth Century Fox France
Images © Twentieth Century Fox France

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