28 semaines plus tard

28 jours plus tard s’inscrit d’abord dans le prolongement du premier opus. Les survivants de l’épidémie se réunissent en communauté et tentent de faire face à la crise. Don (Robert Carlyle) et sa femme sont de ceux-là. Barricadés dans leur maison, ils attendent de pouvoir sortir pour retrouver leurs deux enfants épargnés car partis en voyage scolaire. Isolés de tout, ils parviennent à survivre jusqu’à ce qu’un enfant égaré vienne frapper à leur porte. En lui ouvrant, ils laissent une brèche à la horde d’infestés qui rodait dans le coin. Exit donc l’attente passive. Désormais, il faut fuir ou mourir. Dans un geste ignoble mais tellement humain, Don choisira de fuir, abandonnant lâchement sa femme…Avec cette introduction brutale et immersive, Fresnadillo met en place les enjeux dramatiques qui parcelleront la suite de son film.

Nous voici donc 28 semaines plus tard… L’armée américaine, après avoir jugé le virus éradiqué, a investi Londres et entame la reconstruction. Parquée sur l’île de Dogs, en banlieue londonienne, la population est rigoureusement surveillée par les militaires afin d’éviter les fuites vers la ville pas encore tout à fait sécurisée. Don, rongé par la culpabilité, a retrouvé ses enfants et tente de refaire sa vie en leur cachant la terrible vérité qui ne tardera pas à faire surface…
28 jours plus tard s’achevait sur une note d’espoir, la même qui imprègne le début de cette suite. Mais cela ne dure pas, le virus réapparaît et répand avec lui la furie. A partir de là, 28 semaines plus tard prend entièrement son statut de “survival??? (ou littéralement « film de survie ») et transcende même la notion de genre pour amener le film vers des problématiques humaines. De la survie, on bascule alors sur la fuite. Don cherche d’abord à fuir sa culpabilité, puis devenu lui-même infesté, il va chercher à fuir sa condition pour retrouver en vain son statut de père. Ses deux enfants, quant à eux, tentent d’échapper au mensonge et courent après la vie et la vérité, suivis de près par une meute de zombies.

Pourtant, si l’intention est à saluer, le film souffre d’un traitement des enjeux dramatiques parfois malhabile. Sur le fond, certaines lignes de dialogue sont largement dispensables. Mais dans la forme, Fresnadillo est plus inspiré. Les scènes de confinement filmées en plans très rapprochés installent une intimité dans l’action. Un choix de mise en scène simple, d’une redoutable efficacité, qui implique émotionnellement le spectateur et rend d’autant plus éprouvantes les agressions des infestés. Les séquences extérieures, en revanche, donnent l’occasion au réalisateur d’élargir son champ pour filmer des poursuites dantesques sur fond apocalyptique de guérilla urbaine. La splendide photographie, granuleuse, poussiéreuse, donne au film une plastique de documentaire et finit de faire de 28 semaines plus tard une œuvre qui dépasse la simple série B. Œuvre sombre sur l’éphémère où rien ne dure : l’espoir, l’amour, l’humanité, le courage, tout disparaît sous le napalm et dans le sang.

Titre originale : 28 weeks later
Réalisation : Juan Carlos Fresnadillo
Scénario : Juan Carlos Fresnadillo, Enrique Lopez Lavigne, Jesus Olmo, Rowan Joffe
Musique : John Murphy
Interprétation : Robert Carlyle, Rose Byrne, Jeremy Renner
Pays : Angleterre
Genre : S.F / Horreur
Durée : 1h31
Année de production : 2007
Date de sortie en France : 19 septembre 2007
Distribution : Twentieth Century Fox France
Images © Twentieth Century Fox France

written by

The author didn‘t add any Information to his profile yet.

Leave a Reply

Want to join the discussion?
Feel free to contribute!

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

/**