Evolution dans l’histoire de la transposition cinématographique

Paramount a sorti respectivement  GI Joe  et  Transformers 2  au mois de novembre dernier en DVD. Deux films co-produit par Hasbro, la firme de jouet.

Si dans un cas comme dans l’autre, série animée et bande dessinée ont précédé l’incursion cinématographique, il n’en est pas moins singulier d’observer qu’il s’agit, en premier lieu, de l’adaptation d’une ligne de jouets au cinéma.
Au vu du succès des films, il ne fait aucun doute que le spectateur d’aujourd’hui est tout à fait prêt à accepter cette ultime étape dans les processus de symbiose du marketing et du divertissement cinématographique.

gijoe

Certains expliqueront le décalage entre la période d’exploitation des jouets et la transposition cinématographique par la faiblesse des moyens techniques d’alors : balbutiement des GI, obligation d’avoir recours à des effets mécaniques, on n’imagine le genre d’entreprise. En fait, un autre point, capital, aurait peut-être rendu le projet fantasque ou mal en phase avec le public de l’époque : les personnages de [ Transformers ->285] ont été conçus à l’usage des enfants dans une perspective exclusivement ludique. Leur nom même, Transformers, indique avant tout leur fonction ludique, mettant en avant ce qui les caractérise comme jouet mais s’avère totalement inadéquat quand il s’agit d’en faire le nom d’une race Extra-Terrestre. Le prétexte qui veut expliquer leur pouvoir par le besoin de dissimulation est lui aussi bien faible.

Le merchandising s’est à ce point développé et systématisé sur toutes les productions américaines d’envergure qu’une certaine chronologie dans l’exploitation d’une marque en est venue à disparaître. Les figurines, les happy meals n’attendent pas que le public soit familiarisé avec un nouveau héros, ou encore qu’il l’ait adopté, pour envahir son environnement. C’est finalement une conception discutable de percevoir le film comme l’astre autour duquel les produits marketing sont conçus et de ne pas le voir lui-même comme un produit dérivé. Quoiqu’il en soit la frontière est devenue si floue qu’il n’est plus incongru d’annoncer la transposition d’une ligne de jouet au cinéma, c’est-à-dire de partir de ce qui semblait être le bout de la chaîne pour en venir à la base.

transformers

C’est ainsi que les problèmes liés à la cohérence de l’univers proposé ne gênent pas le spectateur d’aujourd’hui pour peu qu’il s’y soit déjà familiarisé par un biais ou un autre.

Ayant adapté littérature, théâtre, bande dessinée, jeux vidéo et maintenant jouet, on en vient à se demander quelle sera la prochaine étape. La perspective de faire un film inspiré d’un objet de consommation courante, aspirateur ou iphone, nous ferait sourire, tant l’absurdité de la chose nous saute aux yeux de prime à bord, mais le marché pour enfant n’est-il pas déjà envahi de personnages imaginaire qui surgissent de boîtes de cornflakes raconter mythes et aventures et au pays du chocolat ? Pourquoi ne pas faire de long-métrage ?

C’est juste que le public n’est pas encore prêt. Ou peut-être que si d’ailleurs.

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