Le Secret de Brokeback Mountain

Il semblerait que le monde du cinéma ait besoin de reconnaître certaines communautés. Ce n’est pas le talent d’un cinéaste qui a été récompensé, car il est évident qu’au vu de ce film Ang Lee n’est pas un réalisateur révolutionnaire, à la différence du Wong Kar Wai du début des années 90 avec Happy Together , mais plutôt une minorité, qui est depuis longtemps caricaturée, l’homosexualité.

Le Secret de Brokeback Mountain n’est pas « le » grand film, comme le laissaient espérer ses récompenses. La photographie y est terne ou trop claire, ne soutenant pas les sentiments des personnages par des jeux de lumières. Le scénario est un désert où censément deux êtres s’aiment sans pouvoir vivre leur amour au grand jour. Mais il est impossible de croire à cet amour tant les acteurs n’inspirent aucun sentiment d’identification au contraire de Happy Together où la douleur de Tony Leung Chiu-Wai lorsque Leslie Cheung l’abandonne se transmet aux spectateur. Les dialogues, se voulant l’explicitation d’une attitude, d’un geste, en deviennent inutiles et alourdissant.

Mais que reste-t-il de ce film ? Une histoire d’hommes – et Dieu sait combien les cow-boys ont été et sont un des emblèmes de la masculinité – amoureux d’hommes, au cœur de la campagne américaine.

Il est vrai qu’il est temps et important de montrer une autre image des amours homosexuels mais le film d’amour « gay » (mettant en scène une histoire homosexuelle) ne doit pas être un alibi pour nous servir des films de série B.

En définitive, nos repères quant aux symboles de la masculinité sont partiellement brisés, car nous verrons les cow-boys d’un autre œil, mais l’histoire que conte Ang Lee manque totalement de crédibilité et d’émotion.

Le Secret de Brokeback Mountain est nominé huit fois aux Oscars.

Titre original : Brokeback Mountain
Réalisation : Ang Lee
Scénario : Larry McMurtry, Diana Ossana
Interprétation : Heath Ledger, Jake Gyllenhaal, Michelle Williams
Pays : Etats Unis
Genre : Comédie dramatique, Romance
Durée : 2h 14min
Date de sortie en France : 18 Janvier 2006

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5 Responses to "Le Secret de Brokeback Mountain"

  1. desalpages says:

    Il est conseillé aux critiques de bien réfléchir avant d’écrire, surtout quand on cache un message haineux, au mieux imbécile, derrière des propos sur un film dont on n’a rien compris à l’histoire pourtant simple.

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    • Baptiste Lusson says:

      L’histoire de ce film n’est pas simple mais simpliste. Ce film est mauvais. Le critique ne doit pas adouber n’importe quoi, sous prétexte que la majorité aime et qu’il met en lumière une anomalie de notre société.

      Quand il y a un problème, il faut le dire, quel qu’en soit le résultat. Le combat contre l’homophobie est une des plus nobles causes. L’intolérance est le fruit de personnes n’ayant que peut de culture. Tous les jours nous sommes témoins de faits aussi tristes qu’inquiétant.

      Dire qu’un film est mauvais, parce que la forme est mauvaise est nécessaire quand au recul que l’on prend vis-à-vis de celui-ci et de notre environnement en général.

      Je préfère être un imbécile qui combat l’injustice et l’intolérance, qu’une personne se trompant de cible, défendant inconsciemment non pas cette lutte mais les détracteurs de celle-ci.

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      • desalpages says:

        Histoire simpliste ???? Il est quoi Ennis ? un salaud, un imbécile, une victime ? Considérant que les 2 hommes s’aiment, trouvez donc d’autres issues cohérentes à l’histoire. Vous avez pu découvrir toute la symbolique donc vous saurez expliquer le passage du train au début du film….(ça va pas être triste), après vous allez nous expliquer la signification des fenêtres ou seulement des chapeaux à Ennis, ou encore plus simple : Ennis et Jack sont-ils homos ou hétéros ? Citez donc un seul film ayant rendu des sentiments aussi proches de la réalité. Les seuls défauts que l’on peut citer sont les scènes rajoutées à la nouvelle et une impression de longueur si l’on ne tient pas compte du côté poêtique du récit. Le maquillage n’est pas un défaut rédhibitoire et au moins les décors existent contrairement aux films qui cachent cette absence par des scènes aussi sombres et illisibles que vos critiques. Quant aux films que vous citez, ils ont laissé un tel souvenir qu’ils finissent dans des cinémathèques pour intellos torturés ou éprouvant une jouissance seulement dans la masturbation mentale. Enfin, vous ne devez pas savoir ce qu’est l’amour, le vrai, pas l’attirance sexuelle. Votre ignorance vous sert d’excuse. Petite info : Il existe toujours plusieurs niveaux de lecture pour une oeuvre, évitez d’en rester au premier. Autre info, le film n’est pas militant contre l’homophobie. A vouloir se démarquer d’une majorité d’avis positifs, on fini par tomber dans le grotesque et le mensonge.

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        • Baptiste Lusson says:

          Bonjour Desalpages,

          pourquoi tant d’agressivité ? Comment pouvez-vous dire que je n’ai pas connu l’amour ? Simplement parce que je n’ai pas aimé le même film que vous et que je le dis ? Souhaitez-vous faire taire celui qui pense différemment ?

          Vous me demandez de citer un film ayant des sentiments proches de la réalité. Mais ce ne sont pas les sentiments décrits dans le film que je remets en cause mais la manière dont ils sont mis en scène. Quand aux films ? Je ne peux citer que ceux proches de ce que j’ai vécu : {Happy Together}, {Be with me}, {Bubble} et d’autres bien sûr… mais qu’importe.

          Nul besoin d’analyse d’autres le feront. Que vaut-il mieux pour un cinéaste ? Être diffusé de temps en temps dans une cinémathèque ou être dans l’oubli le plus complet d’une étagère d’un particulier ?

          J’aime mon ignorance, celle qui me pousse à la curiosité, et m’incite à l’aller voir plus loin, à rencontrer les autres, ceux qui ne sont pas comme moi, ceux qui pensent différemment. Les écouter, les respect, mais pas forcément les aimer. J’ai commis des erreurs comme tout le monde, mais dire que je n’ai pas aimé un film et pourquoi je ne l’ai pas aimé est nécessaire.

          Nous ne sommes pas d’accord et c’est aussi bien ainsi. Je vous remercie d’avoir pris le temps de lire mes critiques . Et vos propos me donnent envie d’écrire davantage des textes illisibles et sombres.

          Cordialement

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          • desalpages says:

            Il est difficile de changer d’avis, je vous l’accorde et je ne cherche pas à vous imposer quoi que ce soit. Je constate simplement que votre critique est mauvaise voir provocatrice. Vous parlez de la photo trop claire ou trop sombre, chacun voit ce qu’il veut, mais citez donc un film avec des cadrages aussi parfaits (si vous connaissez le nombre d’or et ses principes vous avez dû reconnaître son application dans presque toutes les scènes extérieures). Vous parlez du manque de conviction des acteurs, ??? Vous auriez sans doute vu des larmes et des scènes d’hystérie pour rendre plus compréhensible l’histoire ? Vous parlez des dialogues qui servent à alourdir l’action…. Désolé pour vous, les rares dialogues sont tous en porte à faux par rapport aux scènes ou aux sentiments exprimés. Vous ne croyez pas un seul instant à l’histoire ? regardez l’actualité en France, la réalité dépasse largement cette fiction. Je vous disais qu’il semblait que vous n’aviez pas connu le véritable amour au sens ou vous n’avez pas saisi la finesse et le réalisme des sentiments exprimés. Si vous revoyez un jour ce film, mieux, si vous lisez la nouvelle d’Annie Proulx,vous verrez que toute l’histoire est en faux-semblants, le film a cela d’extraordinaire qu’il montre tout sauf le vrai mais la philosophie de l’histoire est bien réelle. Rassurez vous, le mauvais gout est chez tout le monde, j’aime bien Bunker palace hôtel bien que ce soit un mauvais film.

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