Little Miss Sunshine

Le jour où cette dernière est sélectionnée pour participer à l’élection de Little Miss Sunshine en Californie, la famille dans son complet décide de prendre la route dans son vétuste minibus Volkswagen afin d’assister au grand évènement.

Si tout laisse penser a priori à une comédie complètement déjantée, Little Miss Sunshine est, de manière surprenante, placé sous le signe de la modestie à tous les niveaux : dans la mise en scène, dans les situations et dans le jeu des acteurs.

Là où de trop nombreux réalisateurs tentent d’en mettre plein la vue et d’afficher leur vista par pur narcissisme, au détriment de l’histoire et des spectateurs, Jonathan Dayton et Valérie Faris, les deux metteurs en scène venus du clip, ont fait l’effort extrêmement louable d’éviter toute emphase pour leur premier long métrage. En se mettant au service des personnages, cela ne les empêche pourtant pas, lors de la séquence du repas de famille précédant le départ en Californie, par exemple, de faire preuve d’une belle maîtrise technique, grâce à un montage précis et à un sens de la composition qui rendent ces scènes proprement hilarantes.

Ils se mettent ainsi au diapason du scénario écrit par Michael Arndt. Si on peut reprocher un manque de nuance dans la caractérisation des personnages au début du film, surtout en ce qui concerne le père, véritable caricature dans les premières scènes, au fur et à mesure que la Californie se rapproche, chaque membre de la famille prend de la consistance, en abandonnant sa carapace. Genre classique du cinéma indépendant américain de ces dernières années ( Monsieur Schmidt , Sideways ou plus récemment Transamerica ), le road-movie est généralement le cadre d’une révélation de la nature profonde des êtres, mais surtout des relations qui les unissent. C’est cette voie qu’emprunte Little Miss Sunshine en montrant six individus au bord de la crise de nerfs collective, incapables d’échanger ensemble, qui se muent en une famille unie et aimante malgré, ou peut-être surtout grâce, à l’excentricité de chacun de ses membres. Lors de la séquence finale, durant laquelle on assiste au concours de beauté des très jeunes miss, le film continue dans cette optique en évitant l’attaque au vitriol à la manière d’un Belles à mourir . Little Miss Sunshine préfère alors dénoncer un monde où on veut faire ressembler de plus en plus les enfants à des adultes, où aucune place n’est faite à la différence, et où on a oublié la naïveté, la fraîcheur et l’innocence. Ces valeurs sont finalement incarnées par la famille Hoover, pas en tant que préceptes figés dans le marbre, mais comme signes de l’amour véritable qui unit les êtres au-delà des différences.

Ceci dit, l’atout principal du film réside d’abord son casting. La gageure de cette comédie pas comme les autres est d’avoir constitué une bande de six acteurs dans laquelle aucun ne tire la couverture à soi. Chaque interprète a su trouver le ton juste pour qu’au final, on croie en cette famille, malgré son côté fortement improbable. Il faut bien tout le talent d’un Greg Kinnear pour donner vie à Richard Hoover, le père de famille, personnage sans nuances au début, ou d’une Toni Collette pour faire exister la mère, la moins délurée de la famille. Néanmoins, au final, c’est Steve Carell dans le rôle de l’oncle qui explose véritablement, dans une composition étonnante, moins exubérante que dans ses sketchs sur la chaîne Comedy Central, dans le film 40 ans toujours puceau ou dans la série The Office . Il y a fort à parier que la variété de son jeu et son physique passe-partout, associés à un sens du burlesque et de l’humour direct rodé des années durant avec le Daily Show, une des meilleures émissions de la télévision américaine, devraient lui permettre de devenir l’un des acteurs phare de la comédie américaine des années à venir.

Little Miss Sunshine est une comédie enjouée, à la réalisation au rythme piano, qui en fait tout le charme. Au final, il touche par la tendresse distillée par petites touches, et son message simple et rafraîchissant. C’est sûrement ce qu’on appelle un bon petit film.

Réalisation : Jonathan Dayton, Valerie Faris
Scénario : Michael Arndt
Interprétation : Greg Kinnear, Toni Collette, Steve Carell
Pays : Etats Unis
Genre : Comédie dramatique
Durée : 1h 40min
Année de production : 2005
Date de sortie en France : 06 Septembre 2006
Distribution : Twentieth Century Fox France
Images © Twentieth Century Fox France

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