Harvey Milk

1969. Les clients du Stonewall Inn, un bar du gay New York, affrontent violemment les forces de l’ordre après une énième descente de police dans les lieux homosexuels de la ville. 1978. Harvey Milk, interprété par Sean Penn, devient le premier homosexuel élu « superviseur » à la mairie de San Francisco.

Une guerre de tranchée

Entre ces deux dates, rien n’a moins ressemblé à un long fleuve tranquille que ces années rythmées tour à tour par les victoires d’Anita Bryant, une chrétienne évangélique militant contre la reconnaissance des droits homosexuels, et les fragiles avancées du mouvement homosexuel. L’élection et l’assassinat d’Harvey Milk sont ainsi deux moments forts de cette véritable guerre de tranchée qui continue de déchirer l’Amérique.

Loin des expérimentations de Gerry ou même d’ Elephant , Gus Van Sant s’est ainsi fait conteur pour se mettre au service de ce récit historique. Et on le remerciera d’avoir choisi James Franco, incroyablement beau dans ce film, pour incarner le petit ami de Milk.

Le plus militant des acteurs

Mais une fois encore, GVS n’aura pas su renoncer à la tentation un peu facile de « sur-sexualiser » certains de ces personnages : comme celui qu’il suggérait entre les adolescents d’ Elephant , le désir qu’il imagine entre Harvey Milk et son futur meurtrier ne rend pas leur relation plus complexe et profonde. Il fait au contraire basculer les motivations brutalement homophobes de ce double meurtre du côté de la passion frustrée, limitant ainsi sa portée politique.

Aussi qui donc mieux que le plus militant des acteurs d’Hollywood pouvait incarner ce personnage qui a toujours proclamé n’être que l’émanation d’un mouvement bien plus grand que lui-même ? Certains regretteront l’interprétation un peu trop appliquée de Sean Penn qui a cherché à reproduire en bon élève les attitudes et les intonations du véritable Harvey Milk. Les plus mauvaises langues diront même que cet Oscar du meilleur acteur n’était vraiment pas mérité. Il faut tout de même reconnaître à l’ex-monsieur Madonna un profond respect pour son personnage et la cause qu’il a incarné. Et cela mérite d’être salué.

Pas d’homophobie, bien sûr

Comme mérite d’être salué le travail de Dustin Lance Black qui a prononcé lors de la remise de son Oscar du meilleur scénario l’un des discours les plus émouvants de la cérémonie. Mais ces mots, tous les spectateurs ne les auront pas entendus : comme le rapporte le site [Yagg->http://yagg.typepad.com/yagg/2009/02/oscars-le-discours-du-scenariste-de-harvey-milk-censure-123.html], le réseau de télévision satellite STAR, propriété de Rupert Murdoch, a purement et simplement décidé de les censurer des retransmissions programmées dans les 50 pays d’Asie où le bouquet émet. Pas par homophobie. Mais pour éviter de froisser certaines « sensibilités », selon son porte-parole…

Réalisation : Gus Van Sant Interprétation : Sean Penn, Josh Brolin, Emile Hirsch, James Franco Pays : USA Genre : Biopic Durée : 2h07 Date de sortie : 04 Mars 2009 Année de production : 2008 Distribution : SND Images © SND

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One Response to "Harvey Milk"

  1. Céline Egéa says:

    Ok pour moi, ras !

    Répondre

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