Le Premier venu

Le premier venu, c’est forcément quelqu’un d’important si on décide de le regarder pour de vrai.
Le premier venu, c’est Costa, ce jeune paria qui ne croit plus à grand-chose et encore moins en lui. « Victime » lui aussi, mais d’un autre type de crime bien plus pervers, celui de ses proches dont on se demande s’ils ont un jour daigné croire en lui. Père absent, femme et fille qui feignent de l’ignorer, ami d’enfance le considérant comme le « dernier », sans oublier les gens du coin qui ne se privent pas lorsqu’il s’agit de le dénigrer derrière son dos.

Les trucs moches, c’est la vie qui les fabrique, pas nous.
Surgit alors Camille, jeune bourgeoise un peu paumée elle aussi, qui décide de lui venir en aide. Pourquoi ? Peu de choses semblent en effet les rapprocher. Issus d’un milieu et d’une condition sociale diamétralement opposés, ces deux oiseaux sans pattes semblent avoir pris des chemins qui, s’ils n’en étaient pas venus à partager ce moment d’intimité dans un train, ne les auraient sans doute jamais fait se rapprocher.

Camille a tout pour elle. Lui rien. Pas même de quoi payer la pension alimentaire de sa fille qu’il n’a pas vue depuis trois ans. Quelque peu désabusé, il semble ne plus trop y croire, préférant vivoter chez son père alcoolique ou reclus dans une cahute de pêcheurs en compagnie de canards en plastique aussi immobiles que lui. Mais celle qui sera son révélateur ne l’entend pas de la même oreille. En choisissant son soi-disant bourreau comme victime à sauver, la jeune fille sait que c’est surtout à elle qu’elle vient en aide. Car une fois au moins elle aura pu entrevoir ce qu’est la vraie vie, celle qu’on choisit et non celle à laquelle, comme pour son compagnon de route jusqu’alors, les autres nous destinent.

Perdre son chemin, c’est peut-être comme trouver la bonne route.
Costa se laissera finalement prendre au jeu. Un peu réticent au départ, il vivra le temps d’un long week-end une série d’aventures – parfois cocasses (le kidnapping de l’agent immobilier est l’un des passages les plus drôles du film) –, formant une sorte de parcours initiatique destiné à faire comprendre à notre héros que chaque étape qu’il franchira le remettra un peu plus sur les rails d’une vie qu’il a encore la chance de pouvoir saisir. Chance que, cette fois, il est bien décidé à ne plus laisser passer.

Réalisation : Jacques Doillon
Scénario : Jacques Doillon
Musique : Claude Debussy
Photographie : Hélène Louvart
Interprétation : Clémentine Beaugrand, Gérald Thomassin, Guillaume Saurrel
Pays : Belgique, France
Genre : Drame
Date de sortie en France : 02 Avril 2008
Durée : 2h 3min
Année de production : 2007
Distribution : Pyramide Distribution
Images © Pyramide Distribution

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