Rencontre avec Miguel Courtois

Pourquoi avoir décidé de parler des GAL (Groupe antiterroriste de libération) ?
La rencontre avec Melchor Miralles, producteur du film, fondateur du quotidien El Mundo et journaliste du Diario 16 – dont s’inspire l’histoire– m’a poussé à retourner en Espagne (NDRL : après El Lobo). Et puis, j’étais très au fait de l’histoire du GAL. En tant que Basque, bien sûr, mais aussi en tant que citoyen franco-espagnol, puisque cette affaire touche aussi la France. Je suis d’ailleurs très choqué de la méconnaissance d’un sujet aussi grave perpétué dans une démocratie récente. On parle des années 1980 ! Tu imagines aujourd’hui un gouvernement français qui déciderait d’organiser le meurtre de terroristes corses réfugiés en Hollande ou en Allemagne ? Et surtout que tout le monde s’en foute ? C’est dément, à un moment où on veut construire l’Europe, qu’on soit à ce point non solidaire d’un drame que vivent ou ont vécu nos voisins. C’est chacun chez soi et Dieu pour tous.

Comment José Garcia s’est-il imposé pour le rôle de Manuel Mallo (le personnage de Melchor Miralles) ?
J’avais déjà fait appel à lui pour jouer dans El Lobo. Ça ne s’est pas fait mais on était restés sur cette envie commune de tourner en espagnol. À la lecture du scénario de GAL, j’ai immédiatement pensé à lui. Parce que c’est un acteur génial, mais aussi parce qu’il me fallait un comédien méconnu en Espagne. Melchor Miralles étant le producteur, choisir une énorme vedette comme Natalia Verbeke et Jordi Mollà pour interpréter son rôle nous aurait fait passer pour des vantards. Son image « neutre » en Espagne a beaucoup servi la crédibilité du personnage.

Quel est votre cinéma ?
Je suis un grand fan du cinéma américain des années 1970. Un cinéma qui conjuguait divertissement au sens noble et sujet de fond. Parler du nucléaire, de la guerre du Vietnam, mais toujours porté par les vedettes, la musique et les codes du cinéma. Quand les Américains sortent Les Hommes du Président, ils prennent Robert Redford. Ils assument et revendiquent la partie hollywoodienne. Et puis, il ne faut pas se cantonner à un style, documentaire/policier/comédie. Forcément, il y aura toujours un genre dans lequel nous serons plus à l’aise en tant que réalisateur. Mais cela ne doit pas nous enfermer dans des carcans. Moi, on me proposerait de faire un péplum, peut-être que cela m’amuserait, pourquoi pas ?

Et retenter l’aventure d’une histoire vraie ?
Après El Lobo, le documentaire sur les attentats de Madrid (11mars, histoire d’un attentat) et le GAL, je suis revenu rincé d’une gestation de cinq ans forcément lourde, avec de vrais morts, de vraies veuves à mes côtés. Avec des partis politiques qui s’en sont mêlés. Lorsqu’on m’a proposé un pur film pop-corn comme Skate or Die, je l’ai pris comme une respiration méritée. Moi, j’aime travailler en plateau dans une ambiance assez sereine. Ce qui est difficile avec un sujet comme le GAL. Quand tu reconstitues un attentat et que la veuve du mec est à côté en train de pleurer parce qu’elle revit son drame, ça oblige à une certaine tenue.

Sur un tournage comme le GAL, quelle est la part d’improvisation ?
50 %. Surtout au Pays basque : on ne sait jamais quel temps il va faire.

written by

The author didn‘t add any Information to his profile yet.

Leave a Reply

Want to join the discussion?
Feel free to contribute!

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

/**