En direct de Cannes premier jour

Lieu de croisements, de rencontres et d’informations, ce stand bénéficie d’une très bonne exposition car il apparaît vite au regard quand on arrive dans le marché du film par l’entrée principale du palais. Ici, la seule chose qu’ont à vendre les bénévoles, c’est du temps ! Un temps que l’on n’a pas forcément l’occasion de prendre dans un marché où tout va très vite. Au-delà du jury lui-même, cette localisation dans l’espace du palais permet ainsi à tous les bénévoles de Signis et d’Interfilm de signifier une présence chrétienne, discrète mais réelle, dans un univers marqué par les échanges commerciaux et l’hypermédiatisation.

Vous pourrez cette année aussi y découvrir deux stagiaires d’une faculté de cinéma, Justine et Elise, qui, durant le festival, se baladeront avec leur petite caméra. De courts films (à découvrir en exclusivité sur le site !) prendront le pouls du festival et évoqueront des chroniques liées au jury œcuménique. L’absence d’intérêt commercial permet ainsi au jury d’offrir un point de vue différent sur l’industrie cinématographique. Différent parce que totalement et uniquement dédié au cinéma ainsi qu’à la rencontre, dans l’écoute mutuelle.

Durant tout le festival, le jury va s’attacher à porter ce même regard sur les films selon des critères de sélection précis et prédéfinis (qualité artistique, regard de foi, solidarité, justice, environnement, qualités pédagogiques et de diffusion). L’humanité que pose le cinéaste sur son sujet, la qualité de son regard, tels sont les enjeux qui les passionnent autant que les cinéphiles présents sur le stand prêts à vous accueillir.

L’exploration de notre humanité s’est exprimée fortement dans les deux films qu’ont pu voir aujourd’hui les jurés. L’esthétisant Blindness de Fernando Meireilles, fable sur la vue et l’aveuglement, fait un passage par le mal qui sommeille au fond de l’humain pour mieux réaffirmer que seul le regard intérieur est vérité… En fin de journée, le long métrage documentaire d’animation de l’Israélien [Ari Folman->79], Valse avec Bachir , évoque, à travers le travail de mémoire fait par des anciens soldats juifs, les atrocités commises lors de la guerre au Liban en 1982. Le trait du crayon et de la bande dessinée, avec sa part d’imaginaire, pour faire remonter à la surface le mal de la guerre, aussi terrible et réel soit-il. Un silence pesant et religieux envahit la salle lors des dernières minutes de ce film au propos fort.

Ces films aux caractères originaux et à la créativité explosive donnent peut-être un avant-goût d’une sélection globale résolument tournée vers la création et le cinéma d’auteur. On ne peut que s’en réjouir pour Cannes et la vie du cinéma. On a hâte d’être à demain même s’il faut penser à reprendre des forces ! Le rythme d’un festival n’est pas toujours reposant, comme le dit Lukas Jirkas, le plus jeune des jurés venu de la République tchèque. « Dès la première journée, Cannes est un festival fatiguant, qu’est-ce que ça va être à la fin ! » confie t-il. « Il y a tant de gens réunis ici d’un seul coup, je ne suis pas habitué à une telle marée humaine ! »

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