Cannes deuxième jour avec le jury œcuménique

Les jurés s’immergent dans ces films comme on plonge en eaux profondes ! Journée chargée au cours de laquelle ils ont pu voir les deux films phares de la programmation de ce jour, Leonera et Les Trois Singes . La sélection « Un Certain regard » vivait quant à elle sa cérémonie d’ouverture avec le film [ Hunger ->55] du réalisateur anglais Steve McQueen (sic). Le jury suivra certains films de cette sélection mais doit avant tout se concentrer sur la compétition officielle.

Qui dit intensification du rythme du festival dit aussi plus de travail. Le jury s’est réuni pour la première fois à huis clos ; c’est le début d’une série de réunions qui le conduira à la délibération finale du samedi 24 mai. « Il se délibérera environ tous les 2 à 3 jours », précise René Aucourt, le président. On comprend aisément pourquoi. Il faut laisser passer quelques films et s’éloigner de leur intensité émotionnelle – cette année on est servi ! – afin de réagir « plus à froid ». De son côté, l’équipe des rédacteurs Signis et Interfilm s’est aussi réunie afin d’organiser la vie du site Internet et de coordonner le travail de tous les rédacteurs qui écrivent les critiques de films.

Une grande traversée de cinéma qui a tenu toutes ses promesses grâce aux deux œuvres turque et argentine, rendant bien dérisoire la montée des marches de Kung Fu Panda ! Cannes, c’est aussi cela, le mélange des genres et des styles, un festival dédié à l’art et aussi à l’industrie. Le film de Nuri Biloge Ceylan, Les Trois Singes , évoque une famille disloquée à force de mensonges. Le foyer tente desespérément de rester uni en refusant d’affronter la vérité, quitte à déclencher la colère d’en haut. « Ce qui me pousse à faire des films, c’est cette volonté de comprendre notre monde intérieur qui ne peut être formulé rationnellement », déclare le réalisateur turc.

Mais cette journée fut surtout marquée par le film de Pablo Tropero, Leonera ( Le Repère des lions ), un « coup de cœur » comme on le dit déjà ici. Julia, 26 ans, se réveille et découvre chez elle deux corps d’hommes. Incapable de se souvenir des circonstances de ces meurtres, elle est incarcérée dans une prison spéciale pour jeunes mères car elle est enceinte. Dans cet univers carcéral féminin décrit sans tabous, elle retrouve un sens à la vie, notamment au travers de l’amour pour son fils né en prison. Ou comment, au travers des blessures et des errances de l’humanité, un chemin d’espérance peut reprendre ses droits. Magnifique et poignant portrait d’une mère qui veut rester debout et se fait violence pour que la vie gagne. Ce chemin d’humanité reconstruite séduira-t-il notre jury ? La compétition, très ouverte, reflète une cinéphilie d’une exceptionnelle richesse qu’il faudra pourtant bien départager…

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